Zut! je l’ai encore fait!

J’ai scrapé presque 5 mois d’abstinence parce que je m’inquiétais pour toi. Je suis comme ça, je réagis à l’instinct et mon instinct me disait de prendre de tes nouvelles.

J’ai pris mes distances pour notre bien à tous les deux. Notre situation est malsaine, peu importe nos raisons de rester accrochés. Mais j’avais besoin de savoir que tu vas bien. Les circonstances sont exceptionnelles, tu pourrais être… j’allais écrire « en danger »! Lol! Bon, pas nécessairement en danger, mais… en besoin?

Le confinement, les inquiétudes, les conséquences de la crise qu’on commence à peine à entrevoir : c’était assez pour me sortir de ma réserve parce que je veux savoir que tu vas bien dans les circonstances.

Je ne pourrais rien faire si tu n’allais pas bien, c’est vrai, mais je voulais tenter de te rassurer si c’est le cas.

Je ne resterai pas longtemps, juste le temps qu’il faut. On a déjà essayé cette méthode de communication et elle ne fonctionne pas, j’en ressors toujours blessée.

Si au moins tu réalisais la portée de tes publications sur moi…

Je ne sais jamais sur quel pied danser.

Enchaînée

Tout est une question de perception, même l’amour…

Comment on se perçoit soi-même, comment les autres nous perçoivent : rien n’est plus subjectif que ce sentiment de connaître l’autre. Chacun se base sur des critères filtrés pour établir sa base de connaissance. Une rencontre, un échange, une expérience, un regard et on arrive malgré nous à des conclusions souvent erronées.

Par exemple, penses-tu me connaître? Serais-tu certain de tes perceptions et de tes conclusions? Je te pose la question et en même temps je rigole, parce que je t’ai si souvent écrit avec mes tripes sur la table que tu en sais sur moi plus que la totalité des humains sur cette Terre. Mais en même temps, est-ce que mes cris du coeur t’ont permis de me connaître vraiment? Pourrais-tu dresser un portrait de moi qui se rapprocherait de la réalité? Est-ce que je me reconnaîtrais si je t’entendais me décrire sans savoir que c’est de moi que tu parles?

Je te pose la question parce que je ne pourrais pas te décrire suffisamment pour que tes proches et amis te reconnaissent, ni même toi d’ailleurs. J’ai eu si peu de temps pour te connaître, si peu de temps pour gratter sous la surface.

Le Soleil que j’ai en tête n’a finalement pas grand-chose à voir avec toi. Mon Soleil ne voudrait pas me faire du mal, il est sincère et il m’aime pour vrai. Il rayonne tellement! Il dégage l’assurance et la solidité, il m’apaise et me remplit de sérénité. Je sais que c’est drôle d’associer sérénité et amour, mais c’est vraiment comment je me sentais avec toi à l’époque où on se voyait. Calme, en paix, certaine à 100 % d’être exactement où je devais être, certaine à 150% que tu m’aimais autant.

C’est pour ça que je ne me suis jamais sentie coupable par rapport à elle. Ce que je ressentais était juste trop en harmonie avec mon idéal pour que je remette en question la légitimité de notre lien. Personne avant toi ne m’avait fait ressentir autant de plénitude, personne ne m’avait autant donné l’impression d’être sur mon X pour la première fois de ma vie.

Et c’était juste trop beau pour être vrai. Mon sentiment reposait sur rien, sur de l’air, sur un mirage. Tu n’existes pas. Je t’ai inventé…

C’est ce mirage qui me lie encore à toi, tel une chaîne en fer autour de ma gorge qui me retient là où je n’ai plus de raison de rester. Je suis convaincue qu’un jour je trouverai la force de détruire cette chaîne une fois pour toutes. Mais je n’y suis toujours pas arrivée, simplement parce que je n’essaie pas vraiment. Je résiste, au cas où, naïve que je suis!

Oh, j’ai fait des pas dans la bonne direction, c’est clair. Ça fait plusieurs mois que je ne te tends plus la main, que je résiste à tes publications, que je réussis parfois même à ne plus penser à toi.

Quand j’ai la tête occupée, j’y arrive.

C’est quand ma tête n’est pas submergée par un travail ou un échange que je reviens inexorablement vers toi. Mes moments 100% Soleil sont quand je me couche, quand je me douche et quand je me touche! Il y a comme un concept ici qui se dessine…

Quand je me couche, tu es toujours, toujours, toujours là. Il m’arrive parfois de volontairement aller me coucher plus tôt juste parce que je sais que je vais te retrouver. Je te parle, j’imagine que tu es couché dans mon dos, un bras autour de moi, et je finis par m’endormir au rythme de ton prénom qui tourne en boucle dans ma tête. On pourrait dire que tu es mon somnifère préféré!

Dans la douche, fouille-moi pourquoi je pense à toi, mais c’est immanquable tant que je me lave les cheveux, je pense à toi à 100%. Pour quand je me touche, je vais me garder une petite gêne…

Je ferme les yeux dans les trois cas, ça doit ça être le déclencheur. Fermer les yeux = me connecter direct à toi. Donc, si je comprends bien, pour briser la chaîne et ne plus penser à toi, il faudrait que j’évite de fermer les yeux…

Le défi est impossible… alors, je tourne en rond les deux yeux bien ouverts… agrippée à ma chaîne comme si sans elle, sans toi, je n’existais pas.

Ça m’échappe complètement

J’accepte le fait de ne rien pouvoir changer à mon passé, à mes réactions, à mes émotions ou au temps incalculable que j’ai consacré à penser à toi/nous.

Accepter le passé, sa finalité, son impossibilité pour réussir à changer mon présent et mon avenir à force de volonté de vouloir aller mieux.

Je veux vraiment aller mieux. Pourtant rien n’arrive, rien ne se passe, rien ne change. Je suis rendue Maître de l’immobilisme absolu.

Je reste prise dans le souvenir d’un peut-être qui était si beau qu’il rend tous les autres petits et pâles. Comme si je m’étais convaincue que tous les autres peut-être que je pourrais tenter sont voués à l’échec, qu’ils ne valent même pas la peine que j’essaie.

L’écho de ton peut-être écrase le vacarme de tous les autres.

Image par Dimitris Vetsikas de Pixabay

Je ne comprends même pas pourquoi je reste là. Pourquoi, malgré toutes mes prétentions du contraire, je continue de t’attendre. Il n’y a rien à attendre, je le sais depuis longtemps déjà. Mais je reste là, à écarter les peut-être avant même qu’ils prennent naissance.

Même si je pouvais m’examiner au microscope pour tenter de trouver la molécule qui expliquerait mes sentiments (si seulement ça pouvait se prouver chimiquement ou par l’ADN!), rien ne peut expliquer que je ressente encore quoi que ce soit de positif envers toi. Je devrais tellement t’en vouloir, et pourtant…

Je ne suis pas en colère. Je l’ai été occasionnellement, pendant de courtes périodes, – après tout je ne suis pas faite en bois -, mais je ne le reste jamais longtemps. Je n’ai pas la faculté d’entretenir le ressentiment et la colère, ces sentiments m’échappent complètement. C’est pas que je voudrais brûler de colère, mais cette rage que j’entends ou que je lis dans le discours public semble être normale chez les gens blessés profondément comme je le suis. Elle est même un moteur ou une motivation de première importance pour atteindre un but à en croire certains. Saine, presque.

Je suis profondément blessée, mais je ne fais pas dans la colère. Je fais dans la tristesse…

La tristesse de plein de choses.

Celle, amère, de m’être fait avoir alors que j’étais de si bonne foi et que j’y ai cru si fort.

Celle, aussi profonde qu’un puits sans fond, provenant du sentiment qu’il me manque une part de moi, comme si je fonctionnais avec 60% de mes morceaux.

Celle plus grave, résignée, de me voir vieillir seule, triste, vide.

J’aimerais mieux être en colère.

Non, je ne suis pas très gaie dans mes pensées. Et je ne vois pas d’éclaircie à l’horizon. Faut dire que la saison d’hiver n’aide pas à me bâtir un moral, le manque de lumière m’affecte beaucoup, au sens propre comme au figuré, mon Sunshine.

Image par Jill Wellington de Pixabay

Un autre mois

Je me sens ramollir

Je ne sais pas comment tu fais pour m’ébranler encore autant. Je devrais être plus forte, plus résistante. Je ne le suis pas tant que ça. Je ne suis pas encore prête à flancher, mais ma nouvelle indifférence s’effrite.

Je m’interroge sur tes intentions, alors que j’ai déjà statué mille fois sur ce même sujet. Aussitôt que je démontre de l’intérêt, aussitôt que je me mets à croire que tu me parles et que tu veux me transmettre un message, aussitôt que j’embarque dans ton jeu, tu me détruits. Chaque ostie de fois.

J’ai quand même appris quelques leçons au fil du temps, même si la plus importante de toute m’échappe complètement : pourquoi faut-il que je t’aime, toi qui ne veux pas de moi? Comment je fais pour arrêter de t’aimer?

Devant la tournure des événements en 2011, j’aurais dû t’éliminer de ma vie. Ça aurait été tellement plus logique que d’être encore là 9 ans plus tard. Je ne me comprends pas. Je ne te connais même pas. Le tout petit peu que tu m’as montré de toi ne résisterait pas à un examen, je coulerais!

Je suis tombée amoureuse d’un homme qui n’existe que dans ma tête. Dans mon imagination, tu es tellement parfait. Dans les souvenirs que j’entretiens et qui me hantent, tu es sincère, bon, rassurant. Dans la réalité, tu n’as aucune considération pour le mal que tu me fais à répétition, tu joues avec mes sentiments, tu as peur de ton ombre, tu es accro à mon adoration qui vient nourrir ton ego, mais jamais ton coeur.

Tu es un pêcheur qui aime taquiner le poisson, mais qui n’a jamais eu l’intention de le manger. Tu laisses croire que tu es intéressé, mais tu remets le poisson à l’eau et tu t’en vas, fier de ton exploit. Je suis lasse d’être ce poisson qui vient mordre à ton hameçon et qui se fait rejeter chaque fois.

« Quit playin’ games with my heart
Before you tear us apart (my heart)
Quit playin’ games with my heart
I should’ve known from the start
You know you got to stop (from my heart)
You’re tearing us apart (my heart)
Quit playin’ games with my heart »

Tout effacer

J’ai réussi. Je ne sais pas comment j’y suis arrivée, mais c’est fait. J’ai tout supprimé, il ne me reste rien de toi. Ou si peu…

J’ai quand même gardé 3 photos de ta jeunesse (et de la mienne) qui me font encore sourire quand je les regarde. C’était il y a 40 ans, une époque où je n’aurais jamais osé t’approcher, tellement tu étais différent de moi, tellement tu avais changé depuis le primaire.

Je me souviens bien de toi en 5e et 6e année. Je me souviens aussi de toi adolescent, mais je te regardais alors de loin, on échangeait des salutations rapides en se croisant dans les corridors, mais jamais rien qui ressemble à une conversation entre amis. Tu étais cool avec ta veste en jeans sur un t-shirt, un look que je n’ai jamais maîtrisé, pas même un peu.

Donc j’ai gardé ces 2-3 photos, tu sais sans doute lesquelles. Celles où ton sourire me fait baver de bonheur, celles qui réveillent les quelques souvenirs d’enfance que j’ai de toi, de nous. Mais toutes les autres – j’en avais 56 -, je les ai toutes supprimées.

J’ai enchainé en supprimant plus de 2700 courriels qui dormaient dans un fichier. J’avais fait un ménage il y a quelques années en enlevant tout ce qui n’était pas significatif. J’avais 3800 quelque courriels, c’était un bon début. Mais ce n’était pas assez.

Je ne relisais pas souvent ces messages, mais ça me rassurait de savoir que quelque part dans un dossier, tu me disais que tu m’aimes, que tu me désires, que tu me veux. Des dizaines et des dizaines de fois…

Mais voilà, ces messages étaient des ancres vers 2011-2012 et je ne peux plus me permettre de vivre en restant accroché à un rêve que j’ai imaginé plus beau et plus réel qu’il était vraiment. Donc, c’est fait. Ils sont tous détruits, je n’en ai gardé aucun, ni les plus anciens, ni les plus récents.

C’est plus symbolique que concret comme geste, mais j’espère que ce sera le début de ma vraie guérison. Celle qui m’emmènera loin, loin, loin de ton souvenir et de l’écho de ton nom qui tourne en boucle dans ma tête.

Tu veux pas d’moi, tu veux pas m’perdre,
Alors ce choix, j’le fais pour toi
C’est moi qui pars
Même si je sais que tout s’efface
Tu reste là et rien ne passe…
Tu m’aimes bien, je t’aime tout court
La différence s’appelle l’amour

Le vague à l’âme

5e jour de mes vacances. De répit et de repos, plus que de vacances en fait. J’étais complètement vidée, dans tous les sens: j’ai été malade tout le week-end avant de partir comme si mon corps voulait tout expulser avant de se remplir à nouveau. J’étais encore affaiblie et barbouillée au premier jour, les journées de voyage ne sont jamais de celles qui énergisent, au contraire. Mais mon état de faiblesse qui a perduré quelques jours était plus relié à mon état d’esprit que corporel. Pendant au moins 3 jours, j’ai eu la larme à l’œil pour un rien, et je ne parle pas d’émerveillement comme j’en ai l’habitude. Non, ces émotions à fleur de peau prennent racine dans un recoin plus sombre, plus profond qui m’ont empêchée d’apprécier le moment présent. Normalement aussitôt que je mets les pieds sur la plage et que je touche l’océan, la béatitude prend le dessus.

Cette tristesse a pris un peu de recul au fil des jours, mais je la sens très proche. Il suffit que je l’invoque pour que ses doigts remontent à la surface pour me prendre à la gorge, juste assez pour que la menace devienne réelle: elle a pris le contrôle de mon esprit et refuse de me libérer. Cette semaine est une parenthèse, semble-t-elle me dire. Tu peux bien fuir au bout du monde, ce n’est qu’un faux-semblants, qu’un placebo dont les effets disparaîtront dès le retour à ta vie incolore. 

Peut-être suis-je encore en dépression? Juste fatiguée par la grosse année qui se termine? Peut-être que c’est juste mon état permanent auquel je devrai me faire parce que je ne vois aucune porte de sortie. Je suis vide et pleine en même temps. Vide de sens, de but, d’espoir. Pleine de tristesse, de regrets, de manques, de vide. Ce vide qui n’accepte de se remplir que de vide supplémentaire et dont l’écho ne renvoie que ton nom.

Ton nom est une pioche qui creuse inlassablement ce trou noir qui m’habite, rejetant toute intrusion : rien d’autre que lui n’est autorisé à habiter ce vide. Juste ton nom et les sanglots que mon âme laisse échapper des profondeurs de mon enfer.

Je suis prise entre résignation et rébellion, déchirée entre ma raison qui veut me réveiller et mon cœur qui m’endors en me berçant d’illusions. J’aimerais te dire que la raison a pris le dessus, après tout j’ai eu la force de ne plus intervenir avec tes publications comme avant. M’éloigner, mais pas partir, ça, je n’y suis pas encore arrivée. Faut que je vienne voir si tu as publié quelque chose encore tous les jours… Et je sais très bien que tant que je ne couperai pas définitivement les ponts, m’éloigner ne sert à rien, mon chemin me ramène toujours vers ta rive. 

« It’s gettin’ dark, too dark to see
I feel I’m knockin’ on heaven’s door »

2980 jours

Je suis debout depuis 2h45 cette nuit. 

Je pense à toi, comme d’habitude. À cette heure, je ne me demande pas ce que tu fais, tu dors probablement profondément. L’insomnie serait un mal surtout féminin, j’ai lu ça quelque part. Ça fait quand même plusieurs mois que ça ne m’était pas arrivé. J’avais fait la paix en quelque sorte. Continuer de t’aimer (je n’ai pas le choix, c’est comme ça…), mais ne plus rien attendre, ne plus rien espérer, ne plus me torturer avec tes publications ou tes absences.

Et voilà que tu as réussi à ressusciter l’espoir en moi. Malgré moi, j’ai recommencé à croire un mini-peu, juste assez pour me réveiller en sursaut à 2h45 avec toi plein la tête, plein le cœur et plein le corps. La solitude et l’abstinence font tellement mal à 2h45…

Je me demande comment tu vas… Es-tu un homme heureux, mon Soleil? Quand tu rencontres des gens, leur dis-tu que ta vie est belle? Souris-tu en te réveillant le matin? Chantonnes-tu en conduisant? 

Tu as le droit d’être heureux, tu sais. C’est ce que je souhaite pour toi tellement fort depuis tout ce temps. Parce que sinon, ça ne fait aucun sens, hein?

Es-tu comme un lion en cage, la tête et le cœur en conflit constant avec ta réalité? Cherches-tu vraiment un moyen d’aboutir à moi, à nous?

Ou peut-être est-ce quelque part entre les deux, alternant entre sérénité et désirs d’autre chose…

Que se passe-t-il dans ta vie, dans ta tête et dans ton cœur? Attends-tu que je te tende la main, que je t’ouvre une porte?

S’il suffisait de penser à l’autre pour être en connexion et se comprendre, je ne me poserais pas autant de questions, je saurais tout de toi… Je dois me contenter de tout imaginer et comme je te l’écrivais l’autre jour, mon score à imaginer ta vie, tes réactions, tes sentiments est nul à chier.

Je voulais juste te dire que tu me bouleverses encore, alors que je croyais m’être protégée de ça, alors j’ai peur… J’ai tellement pas envie de redébouler ma vie parce que tu m’auras encore jetée, me laissant toute seule à ramasser les petits morceaux de mon cœur qui n’en peut plus de se faire déchirer à grands coups de griffes.

Est-ce qu’on va voir le bout de cette histoire impossible? Est-ce que j’aurai le bonheur de te revoir et de te prendre dans mes bras? Reverrais-je un jour ce sourire à un million qui me rend si heureuse? Penses-tu que ta main glissera un jour dans la mienne? Notre désir, aura-t-il la chance de s’assouvir? Va-t-on le faire ce roadtrip en écoutant toutes ces chansons ou n’est-ce qu’un rêve complètement fou à oublier?

2 980 jours ont passé depuis le 16 janvier 2011.

Je t’aime de tout mon cœur depuis au moins 2 950 jours…

Je suis bien prête à t’aimer encore 14 303 jours (!), mais toute seule loin de toi, je ne tiendrai pas aussi longtemps. Chaque jour est comme une année…

« So go ahead and break my heart again
Leave me wonderin’ why the hell I ever let you in
Are you the definition of insanity?
Or am I?
Oh, it must be nice
To love someone who lets you break them twice »

Comme des traces de pas dans le sable

7 ans plus tard, il ne me reste que le souvenir de toi, et encore là, tu t’effaces tranquillement comme si tu n’avais jamais vraiment existé, comme si je t’avais imaginé. La vague du temps gagne du terrain sur la plage de nos moments et efface peu à peu l’empreinte de nos pas.

Pourtant, je sais que tu étais bien réel, du moins le temps que ça a duré. C’est peut-être moi qui ne l’étais pas finalement, après tout il ne reste rien de cette femme que tu as connue, elle est disparue avec toi.

« J’avais fait pour toi près de l’océan,
Un amour de sable si grand
Qu’il était parti pour durer la vie
Il a tenu l’espace de la nuit… »

Pourquoi je m’entête?

Presque chaque fois que je t’écris, j’empire les choses au lieu de les améliorer, c’est pour ça que je ne t’ai pas écrit depuis longtemps. 

C’est dur de t’écrire, parce que ça m’entraîne à t’en dire souvent plus que tu es prêt à lire et ça me place dans une position de vulnérabilité que j’essaie d’éviter. M’ouvrir à toi met mon cœur à nu, sans protection contre ta réaction, et j’en ressors démolie et fragile pour longtemps.

Alors, pourquoi je m’entête à t’écrire pour te dire des choses que je ne devrais pas? Qu’est-ce que je ne comprends pas? C’est rarement approprié, c’est presque jamais bien reçu, c’est toujours trop toute. Je me retiens pendant des mois et paf, un jour, toutes les autres fois d’avant ne comptent plus, l’envie de te parler, de te toucher au cœur est plus fort que moi.

Je ne te comprends pas, tu ne me comprends pas. On tourne en rond à essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’autre et on se blesse en tirant des conclusions qui n’ont pas grand-chose à voir avec la réalité. Parce que tu n’as aucune idée de ce que je vis et que je n’ai aucune fucking idée de ce que tu vis non plus.

Ah, je suis bonne pour deviner, pour supposer, pour imaginer. Mais la vérité, c’est que je ne suis pas dans tes souliers… et c’est sûr que tu n’as aucune idée de ce que c’est que d’être dans les miens, sinon tu n’agirais pas comme tu le fais.