Tout effacer

J’ai réussi. Je ne sais pas comment j’y suis arrivée, mais c’est fait. J’ai tout supprimé, il ne me reste rien de toi. Ou si peu…

J’ai quand même gardé 3 photos de ta jeunesse (et de la mienne) qui me font encore sourire quand je les regarde. C’était il y a 40 ans, une époque où je n’aurais jamais osé t’approcher, tellement tu étais différent de moi, tellement tu avais changé depuis le primaire.

Je me souviens bien de toi en 5e et 6e année. Je me souviens aussi de toi adolescent, mais je te regardais alors de loin, on échangeait des salutations rapides en se croisant dans les corridors, mais jamais rien qui ressemble à une conversation entre amis. Tu étais cool avec ta veste en jeans sur un t-shirt, un look que je n’ai jamais maîtrisé, pas même un peu.

Donc j’ai gardé ces 2-3 photos, tu sais sans doute lesquelles. Celles où ton sourire me fait baver de bonheur, celles qui réveillent les quelques souvenirs d’enfance que j’ai de toi, de nous. Mais toutes les autres – j’en avais 56 -, je les ai toutes supprimées.

J’ai enchainé en supprimant plus de 2700 courriels qui dormaient dans un fichier. J’avais fait un ménage il y a quelques années en enlevant tout ce qui n’était pas significatif. J’avais 3800 quelque courriels, c’était un bon début. Mais ce n’était pas assez.

Je ne relisais pas souvent ces messages, mais ça me rassurait de savoir que quelque part dans un dossier, tu me disais que tu m’aimes, que tu me désires, que tu me veux. Des dizaines et des dizaines de fois…

Mais voilà, ces messages étaient des ancres vers 2011-2012 et je ne peux plus me permettre de vivre en restant accroché à un rêve que j’ai imaginé plus beau et plus réel qu’il était vraiment. Donc, c’est fait. Ils sont tous détruits, je n’en ai gardé aucun, ni les plus anciens, ni les plus récents.

C’est plus symbolique que concret comme geste, mais j’espère que ce sera le début de ma vraie guérison. Celle qui m’emmènera loin, loin, loin de ton souvenir et de l’écho de ton nom qui tourne en boucle dans ma tête.

Tu veux pas d’moi, tu veux pas m’perdre,
Alors ce choix, j’le fais pour toi
C’est moi qui pars
Même si je sais que tout s’efface
Tu reste là et rien ne passe…
Tu m’aimes bien, je t’aime tout court
La différence s’appelle l’amour

Publié par Miss Taire

J’ai plongé dans un trou noir en 2011. Depuis, je cherche le chemin du retour. Le voyage n’est pas plaisant, il est interminable et sans grand espoir. Mais je m’accroche.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :