Le vague à l’âme

5e jour de mes vacances. De répit et de repos, plus que de vacances en fait. J’étais complètement vidée, dans tous les sens: j’ai été malade tout le week-end avant de partir comme si mon corps voulait tout expulser avant de se remplir à nouveau. J’étais encore affaiblie et barbouillée au premier jour, les journées de voyage ne sont jamais de celles qui énergisent, au contraire. Mais mon état de faiblesse qui a perduré quelques jours était plus relié à mon état d’esprit que corporel. Pendant au moins 3 jours, j’ai eu la larme à l’œil pour un rien, et je ne parle pas d’émerveillement comme j’en ai l’habitude. Non, ces émotions à fleur de peau prennent racine dans un recoin plus sombre, plus profond qui m’ont empêchée d’apprécier le moment présent. Normalement aussitôt que je mets les pieds sur la plage et que je touche l’océan, la béatitude prend le dessus.

Cette tristesse a pris un peu de recul au fil des jours, mais je la sens très proche. Il suffit que je l’invoque pour que ses doigts remontent à la surface pour me prendre à la gorge, juste assez pour que la menace devienne réelle: elle a pris le contrôle de mon esprit et refuse de me libérer. Cette semaine est une parenthèse, semble-t-elle me dire. Tu peux bien fuir au bout du monde, ce n’est qu’un faux-semblants, qu’un placebo dont les effets disparaîtront dès le retour à ta vie incolore. 

Peut-être suis-je encore en dépression? Juste fatiguée par la grosse année qui se termine? Peut-être que c’est juste mon état permanent auquel je devrai me faire parce que je ne vois aucune porte de sortie. Je suis vide et pleine en même temps. Vide de sens, de but, d’espoir. Pleine de tristesse, de regrets, de manques, de vide. Ce vide qui n’accepte de se remplir que de vide supplémentaire et dont l’écho ne renvoie que ton nom.

Ton nom est une pioche qui creuse inlassablement ce trou noir qui m’habite, rejetant toute intrusion : rien d’autre que lui n’est autorisé à habiter ce vide. Juste ton nom et les sanglots que mon âme laisse échapper des profondeurs de mon enfer.

Je suis prise entre résignation et rébellion, déchirée entre ma raison qui veut me réveiller et mon cœur qui m’endors en me berçant d’illusions. J’aimerais te dire que la raison a pris le dessus, après tout j’ai eu la force de ne plus intervenir avec tes publications comme avant. M’éloigner, mais pas partir, ça, je n’y suis pas encore arrivée. Faut que je vienne voir si tu as publié quelque chose encore tous les jours… Et je sais très bien que tant que je ne couperai pas définitivement les ponts, m’éloigner ne sert à rien, mon chemin me ramène toujours vers ta rive. 

« It’s gettin’ dark, too dark to see
I feel I’m knockin’ on heaven’s door »

Publié par Miss Taire

J’ai plongé dans un trou noir en 2011. Depuis, je cherche le chemin du retour. Le voyage n’est pas plaisant, il est interminable et sans grand espoir. Mais je m’accroche.

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